- Magnifique !
- Superbe !
- Époustoufifiant !
- Flamboyant !
- Poh poh poh …
- Ouais …
- Tyéééé fou …
- Ouais …. Y a rien à dire, c’est le top. Pas de travail, du soleil, du calme et les doigts de pieds en éventail.
- Tiens, tu me passes le feu s’il te plaît ?
Juliette pivote vers sa gauche, s’étire, se contorsionne, extirpe son buste du fauteuil en osier et enfin se penche non sans mal ni bruitages exagérés pour attraper du bout des doigts le briquet posé à terre.
- Tiens !
- Merci. Ah ben tiens passe moi le cendrier aussi tant que tu y es …
- Tu te fous de moi ou quoi? Tu pouvais pas le dire en même temps?
- Aoh c’est bon donne le moi !
Pivote… S’étire… Se contorsionne… Extirpe son buste… Se penche… Attrape…
- Tiens, et me fais plus chier maintenant !
- Meeeerci !!
- C’est presque trop ce soleil, ça me massacre les yeux quand même
- Mets tes lunettes !
- Ouais et après la marque du bronzage c’est toi qui te la tapes?
- Ben souffre alors !
- Ben ouais je vois que ça. Tiens, montre un peu la crème !
Charlotte pivote à son tour mais vers la droite, s’étire, se contorsionne en évitant de laisser le cendrier s‘échapper….Extirpe son buste…. Se penche… Attrape…
- Tiens !
- Merci. Ce balcon est quand même nickellement exposé je trouve. Plein soleil, pas trop le bruit des voitures, juste quelques passants de temps en temps, à peine un peu étroit et encore…
- Ouais c’est le top, faudrait juste pas que la voisine sorte toutes les trois secondes et qu’on soit obligées de tout bouger à chaque fois.
- Ouais. Il nous manque plus que le plateau en alu comme les vieilles qui se font bronzer et qui ont la peau cramée cramée.
(Lire la suite…)
Après des mois de silence, cette première approche, timide, gênée… Etes-vous toujours làààààà ????
Puisque je vous dois une explication, celle-ci est bien simple : je me trouve actuellement dans un espace temps différent du vôtre ! Hmmm, je vous sens sceptiques… eh bien voici une preuve irréfutable apportée par mon ami H.G Wells afin que vous ne puissiez douter de mes dires :

Convaincus ??
Il y a plusieurs semaines de cela, je recevais un mail de Baptiste Coulmont, dont le nom ne sera pas étranger à mes lecteurs de longue date. Voici ce qu’il disait :
“Est-ce que vous accepteriez d’écrire un petit texte pour le site du
département de sociologie.
Car même si votre expérience n’est pas la plus fréquente pour les
étudiants sociologues de Paris 8, votre parcours pourra en intéresser
plus d’un ! En plus, le Québec les fascine !”
Pour être trés honnête avec vous, je n’ai pas vraiment fait cas de cette requête pour la raison suivante : qu’aurais-je bien pu raconter? Certes, je suis rarement à cours d’imagination quand il s’agit de bavasser mais justement, bavasser auprès d’étudiants au sujet de la manifeste incohérence entre mon parcours universitaire et professionnel ne m’a pas émoustillée plus qu’il n’en faut. Et, d’un autre côté, je ne me voyais pas non plus décrire les mille-et-une perles et joies du tourisme québecois dans la mesure où je n’ai jamais eu l’occasion d’en faire (mais ça ne saurait tarder).
Alors j’ai fait la muette et, shame on me, n’ai même pas pris la peine de répondre.
Qu’à cela ne tienne !
Je n’étais plus allée sur le site du département depuis des mois et là, pour une raison que j’ignore et complètement par hasard, je suis allée faire un tour. Que vois-je à la une et mis en ligne pas plus tard qu’hier ? Un extrait de mon dernier article quasi thérapique et le lien invitant à lire la suite ici.
M. Coulmont, je vous présente “toutes mes confuses” et vous assure qu’à l’avenir si vous le demandez je ne garderai plus mes bavasseries sous silence. C’est ainsi que, par le présent, je me repens.
Vous êtes nombreux à réclamez haut et fort des nouvelles du Nouveau Monde, à vous unir pour contester contre ce temps qui passe et cette photo de Floflo qui ne change jamais, alors vous vous levez et vous dites halte là, quand donc vas-tu prendre le temps de la déneiger pour nous offrir des images un peu plus estivales, et vous avez raison. Mais le temps passe à l’insue de mon plein gré. Je me lève le matin, trois semaines se sont écoulées, puis un mois, puis deux … un enfer vous dis-je ! Du haut de mes quinze ans et du temps qui ne passait pas, je me moquais allègrement de ces vieux de vingt-cinq qui répétaient à tour de sermont : “Profites-en, tu vas voir petite, après ça défile et ça voltige, tu te réveilles un matin, tu constates des cheveux blancs, tu verses une larme et te demande où sont passés tes dix-sept ans”. Je leur répondais intérieurement “ouais ouais c’est sla oui, awoye file et va boire ta verveine tant qu’il est encore temps”.
Criss, ils avaient raison ces vieux schnoks grisonnants! Je ne compte plus mes cheveux blancs, je ne vois plus le temps, je rougis en pensant au futur qui est devenu présent. Je vous entends d’ici, lecteurs sexagénaires : “que dis-tu là petite, tu as plein de cheveux devant toi, tu n’as derrière que tes biberons et bilboquets”. Comme quoi, chacun voit bien cheveux à son crâne, quelle que soit leur couleur, pourvu qu’ils soient plantés.
Alors voilà un an et demie que je suis arrivée. A l’époque c’était avec Sylvie qui est aujourd’hui repartie en France. Il y a maintenant Florence et moi, je ne bouge pas. Je suis plus heureuse que jamais même dans un quotidien qui m’échappe parfois. Le travail, que certains sous-estiment ou dénigrent dans leur barbe, me remplit de joie chaque jour malgré ses contraintes et inconvénients. Parlons-en, c’est vrai, je ne fais pas d’étude sociologique des conditions de travail dans une entreprise capitaliste, je n’analyse pas le sentiment d’appartenance d’une société nord-américaine linguistiquement minoritaire et écartelée entre une culture burger/coke et viande rouge/bordeaux. Je gère juste un magasin, une dizaine d’employés et un petit millier de clients quotidiens en m’efforçant de faire face à tout ce que cela implique chaque jour, 24h sur 24, et, mine de rien, je ne sais pas ce qui est le plus évident entre ça et une étude comparative des systèmes de santé entre Berlin Est et Ouest avant la chute du Mur. Jamais tranquille, toujours soucieuse et sous pression, à l’affut de la température et du téléphone, passant mes journées à résoudre des problèmes en même temps que d’autres font surface.
Je n’ai jamais vraiment su ce que je voulais faire comme travail. J’ai voulu être prof, faire un travail de terrain mais aussi de bureau, travailler avec le public, travailler en gestion des ressources humaines, en communication, sociologie, évènementiel, services sociaux, être employeur, être employée et j’en passe. Je n’ai toujours eu que pour seule ambition de ne jamais considérer un emploi comme un labeur mais comme ma principale activité dans une journée et qui, pour faire d’une pierre deux coups, me permettrait de subvenir à mes besoins et envies. Eh bien je réalise aujourd’hui que je ne fais rien d’autre que tout ce que j’ai voulu faire. Cela peut paraître minimaliste aux cheveux de certains et je le comprends. Ce que je vois c’est que je touche à tout ce qui m’a toujours plu, que je combine toutes ces activités en une et que, même si cela est parfois éreintant, contraignant, si cela est sans fin ou à s’en arracher les tifs, ben j’aime ça. Je travaille avec une équipe que j’ai choisie, formée, que je guide au quotidien, de laquelle je m’efforce de prendre soin autant que je la pousse à travailler fort. Je vois des centaines de personnes par jour, des blonds, des bruns, des chauves, des roux, je souris à chacune et ris avec bon nombre d’entre elles sans jamais me forcer. J’organise, j’analyse, je rends des comptes, j’en demande, j’empathise, je sympathise, je supervise, j’écoute, je parle, je résouds, je m’assieds, je cours, je chante, je danse, je ris à m’en tenir le ventre, je mène et me démène dans une ambiance que bien des travailleurs envieraient, et estie que j’aime ça même si parfois ça m’épuise et je ne vois plus la fin, parce qu’il n’y en a tout simplement pas. C’est sûr, parfois, j’ai juste l’impression d’être Doug Ross dans urgences (ou Ross Douglas comme dirait Florence), réveillée au beau milieu de la nuit, arrachée à une scéance de bronzage en plein air ou à une soirée entre amis, ou encore obligée d’annuler des milliers de projets ou en repousser d’autres, ceci avec un salaire et des conditions tout à fait discutables, mais ce qui est surtout vrai c’est que je ne vois pas le temps passer, qu’il n’y a pas un jour où je m’ennuie ou me demande quoi faire. J’ai beau me faire des 19 jours en ligne dont 3 nuits, 60h par semaine et parfois 14 d’affilé, j’y retourne parfois bougon, pleine d’amertume, le cheveu gras et avec l’envie de jeter le bonnet de bain mais 5mn après avec le sourire et le plaisir d’y être et ça, c’est tout simplement inestimable.
Y a pas que le travail dans la vie, c’est vrai, c’est pourquoi je vous parlais d’activité principale et non de labeur quotidien.
Le soleil est là, les apéros en terrasse, les BBQ’s, les après-midi au parc, les balades, les oiseaux, les brushing. Nous nous sommes tapés 6 mois d’enfer dans une neige incessante et un froid de maudit canard, le cheveu frisottant, mais ça en valait la peine tellement la vie est différente dès les premiers rayons. Tout le monde est dehors, cheveux au vent, et les gens se regroupent, c’est tout simplement le top.
Je ne ferais pas encore un laïus sur l’importance des recherches scientifiques sur la téléportation humaine mais criss, bougez-vous chercheurs, parce que les miens me manquent et je voudrais juste être partout à la fois ! Ne donnez pas raison à De Gaulle, mort chauve soit dit entre nous, et ses phrases chocs devenues célèbres. Laissez-vous au contraire guider par la devise d’Ernesto, qui lui est mort over chevelu et le sourire aux lèvres. Ouais ouais, moi j’me comprends …
Alors vous vouliez un article? vous le regrettez maintenant? “Oui mais Violaine t’es pas non plus obligée de nous faire 10 pages capillaires tous les trois mois, un minimum d’équilibre s’il te plaît”. Et encore, vous êtes chanceux, je ne vous ai pas parlé du combat imaginaire d’un carcajou du grand nord qui se prend une ciapatta par un sanglier du maquis, d’une Joconde contemporaine qui aurait fait un tabac à la renaissance, d’un big brain sur blonditude (tant que ça dure verdure) ou encore de Barbie sponsorisée par Hâagen Dasz, d’Oggy Boogie, d’un père gendarme gaulois qui court en slip kangourou sur la plage de campo, du dance floor tulipien des années 80 et autres histoires vraies que vous ignorez encore mais qui auraient pu prendre un bon 3 pages chacune
Alors je vous promets d’être plus assidue, d’y aller désormais par bribes et petites anecdotes au lieu de vous arriver avec un roman titré “j’aime ma job, et alors?”. Mais savoir que je suis heureuse, ça n’a pas de prix, n’est-ce pas?
En attendant, et je ne ferais pas de rajouts, voici une tite photo inedite. En effet, est-ce que l’un d’entre vous s’est déja retrouvé en tongs sur la neige? hein? nan hein? d’ailleurs au même titre que le fameux dilemme “à vie, non mais à vie hein, tu préfères avoir un bras dans le dos ou des dents en éponge?” nous pourrions nous poser la question suivante “à vie, non mais à vie hein, tu préfères être en tongs dans la neige ou en chaussures de ski dans le sable?”.

Sur cette belle pensée dont nous pourrions débattre quelques heures, je vous souhaite à tous pace e salute, bona fortuna e capelli rezistenti. A dopu e basgiu frontu
Les couvertures auxquelles vous avez échappé (cliquez pour agrandir ou en voir davantage) :
AVANT :

APRES :
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PS : Bon, faut que j’y aille, j’ai rendez-vous chez le coiffeur …

Quelle déception! Moi qui voulais la voir débarquer par un bon -35 en pleine tempête de neige, que nenni, la belle est arrivée par un tout petit -5… ridicule!
En tout cas, elle est bien arrivée et c’est bien l’important. Une petite semaine placée sous le signe du patin, du hockey, de la peinture (je vous parlerai plus tard de ses verdâtres initiatives !). Eh oui, madame a joué dans la neige et sur la glace pendant que moi, pauvre travailleuse, ben je travaillais. Nous aurons bien évidemment tout loisir de se lancer des bouboules de neineige à 90km en pleines oreilles, c’est certain, et peut-être même dès ce week-end.
Alors voilà, de nouvelles aventures s’annoncent joyeusement